Mérule Photo : Guide Visuel pour Reconnaître le Champignon
À quoi ressemble la mérule ? Description visuelle complète
La mérule (Serpula lacrymans) est un champignon lignivore dont l’apparence évolue considérablement au fil de son développement. Savoir reconnaître ses différentes formes visuelles est essentiel pour réagir rapidement et limiter les dégâts dans votre habitation. Ce guide vous propose une description détaillée de chaque stade visible de la mérule, afin de vous permettre de l’identifier avec certitude.
Contrairement à de nombreux champignons de forêt que l’on peut confondre facilement, la mérule présente des caractéristiques visuelles très distinctives lorsque l’on sait quoi observer. Qu’il s’agisse de filaments blancs suspects dans une cave, d’une masse brune sur une poutre ou d’une poussière rougeâtre inexpliquée, chaque signe a son importance.
Le mycélium : les premiers filaments blancs
Ce que l’on observe au tout début
Au stade initial, la mérule se manifeste par un mycélium blanc et cotonneux qui évoque une toile d’araignée épaisse ou un amas de ouate. Ce mycélium se développe à la surface du bois, dans les fissures des murs ou derrière les plinthes. Sur une photo, on distinguerait un réseau de filaments d’un blanc pur, parfois légèrement jaune crème, avec une texture douce et floconneuse.
Ces filaments sont fins individuellement mais forment des nappes qui peuvent couvrir des surfaces importantes. Imaginez un voile de coton déposé sur le bois : c’est exactement l’aspect du mycélium jeune de la mérule. Il se développe préférentiellement dans les zones sombres et humides, ce qui explique qu’on le découvre souvent en soulevant un plancher ou en inspectant le revers d’un lambris.
L’aspect en nappe
Lorsque les conditions sont favorables (humidité supérieure à 20 % dans le bois, température entre 20 et 26 degrés Celsius), le mycélium s’étend rapidement et forme une nappe blanche épaisse pouvant atteindre plusieurs centimètres d’épaisseur. Sur une surface plane, cette nappe présente un aspect de feutre blanc dense. Les bords de la nappe sont réguliers et progressent de façon centrifuge, à la manière d’une tache d’huile.
Les cordons mycéliens (rhizomorphes) : le système de transport
Des cordons gris argenté
L’un des signes les plus caractéristiques de la mérule, visible sur toute bonne photo du champignon, est la présence de cordons mycéliens aussi appelés rhizomorphes. Ce sont des structures ressemblant à des racines ou à de petites branches, de couleur gris argenté à gris foncé, parfois avec des reflets légèrement violacés.
Ces cordons mesurent typiquement entre 2 et 8 millimètres de diamètre. Sur une photo, ils apparaîtraient comme des filaments rigides et ramifiés, nettement plus épais et structurés que le mycélium cotonneux décrit précédemment. Leur texture est lisse à légèrement rugueuse, et ils présentent un aspect presque métallique lorsqu’ils sont frais.
La capacité à traverser les murs
Ce qui rend les rhizomorphes de la mérule particulièrement remarquables — et redoutables —, c’est leur capacité à traverser la maçonnerie. Sur une photo prise dans un bâtiment infesté, on pourrait voir ces cordons gris s’infiltrer dans les joints de mortier, passer à travers des fissures dans le béton, ou cheminer le long de canalisations. Ils sont capables de transporter l’eau sur plusieurs mètres, permettant au champignon de coloniser du bois initialement sec.
Un cordon sectionné révèle un intérieur blanchâtre, parfois avec un canal central creux. C’est un détail que l’on peut observer à l’oeil nu et qui aide à confirmer l’identification.
Le carpophore : le corps fructifère de la mérule
Forme et dimensions
Le carpophore est la partie la plus spectaculaire et la plus reconnaissable de la mérule. Il s’agit du corps fructifère, c’est-à-dire l’organe de reproduction du champignon. Sur une photo, le carpophore de la mérule apparaît comme une large galette plate ou une crêpe appliquée contre le support (bois, mur, plafond).
Ses dimensions sont variables mais souvent impressionnantes : de 10 centimètres à plus d’un mètre de diamètre dans les cas les plus avancés. Son épaisseur est généralement de quelques millimètres à deux centimètres. La forme est irrégulière, souvent ovale ou lobée, épousant les contours du support sur lequel il se développe.
Les couleurs caractéristiques
C’est la palette de couleurs du carpophore qui constitue la signature visuelle de la mérule :
- Le centre : couleur brun-rouille à ocre foncé, avec une surface plissée et ridée rappelant une éponge ou un réseau de plis irréguliers. Ces plis forment ce qu’on appelle l’hyménium, la surface fertile où se forment les spores.
- Le bord actif : une bande de blanc pur à crème de un à trois centimètres de large encadre le carpophore. Ce bord blanc est la zone de croissance active du champignon. Il est charnu, légèrement boursouflé et contraste nettement avec le centre sombre.
- Le dessous : la face en contact avec le support est blanche et cotonneuse, prolongeant le mycélium.
Cette combinaison de brun-rouille au centre et de blanc sur les bords est extrêmement caractéristique et constitue le critère d’identification le plus fiable sur une photo.
Texture et consistance
En observant un carpophore de plus près, on note une texture molle et charnue lorsqu’il est frais et en croissance active. Il dégage souvent une odeur de champignon prononcée, parfois décrite comme une odeur de sous-bois ou de cave humide. Lorsqu’il vieillit ou qu’il se dessèche, le carpophore devient friable et cassant, prenant une teinte brune uniforme plus sombre.
Un détail important à observer sur une photo rapprochée : la surface fertile (hyménium) du carpophore présente un motif de plis et de rides créant de petites alvéoles irrégulières. Ce n’est ni une surface lisse ni une surface à pores bien définis : c’est un réseau de rides molles et sinueuses.
La poudre de spores : le dépôt brun-rouge révélateur
Un indice souvent découvert en premier
Paradoxalement, ce n’est pas toujours le carpophore que l’on découvre en premier, mais la poudre de spores. La mérule produit une quantité considérable de spores qui se déposent autour du carpophore sous forme d’une fine poussière brun-rouge à brun-rouille.
Sur une photo, cette poussière de spores apparaîtrait comme un dépôt fin et uniforme de couleur rouille recouvrant les surfaces horizontales à proximité du champignon : plancher, meubles, rebords de fenêtre, plinthes. La couleur est comparable à de la poudre de cannelle ou à de la rouille de fer finement broyée.
La quantité peut être impressionnante
Dans les infestations avancées, la production de spores est telle que le dépôt peut atteindre plusieurs millimètres d’épaisseur. Il arrive que des habitants découvrent la mérule en constatant une mystérieuse poussière brune qui réapparaît sans cesse malgré le ménage. Si vous observez un dépôt brun-rouge persistant dans une pièce, vérifiez les poutres, les solives et les zones cachées derrière les murs.
La pourriture cubique : les dégâts visibles sur le bois
L’aspect du bois attaqué
La mérule provoque ce que l’on appelle une pourriture cubique (ou pourriture brune). C’est un signe extrêmement révélateur que l’on peut observer sur le bois infesté. Sur une photo, le bois attaqué présente un aspect très caractéristique : il est craquelé en petits cubes réguliers, comme si on avait dessiné une grille sur sa surface.
Le bois perd sa couleur naturelle et vire au brun foncé à brun chocolat. Sa texture est sèche, friable et cassante. En pressant le bois attaqué entre les doigts, il s’effrite facilement en petits fragments cubiques, comme du charbon de bois. Cette fragmentation en cubes de un à trois centimètres de côté est le signe que la cellulose du bois a été dégradée par le champignon.
Perte de résistance mécanique
L’un des aspects les plus alarmants que révélerait une série de photos chronologiques est la perte de résistance du bois. Une poutre qui semblait encore saine en surface peut être complètement dégradée à coeur. Le bois sonne creux lorsqu’on le frappe et se perce facilement avec un tournevis. Dans les cas extrêmes, le bois se brise sous son propre poids, ce qui peut entraîner des effondrements de plancher ou de charpente.
L’écorce et les couches externes du bois sont parfois les dernières à montrer des signes, ce qui rend l’inspection visuelle de surface trompeuse. C’est pourquoi un sondage à l’aide d’un outil pointu est recommandé en complément de l’observation photographique.
Les synnémas : structures en forme de petites colonnes
Un élément moins connu mais visuellement distinctif de la mérule est la formation de synnémas. Ce sont de petites structures dressées, en forme de colonnes ou de petits piliers, qui se développent parfois à la surface du mycélium. Sur une photo, les synnémas apparaîtraient comme de fines excroissances verticales de couleur blanche à grise, mesurant quelques millimètres de hauteur.
Ces structures sont moins fréquentes que le mycélium ou le carpophore, mais leur présence confirme de manière certaine l’identification de Serpula lacrymans. On les observe plus souvent dans des environnements très confinés et humides, comme l’intérieur d’un vide sanitaire ou derrière un doublage de cloison.
Récapitulatif visuel : les éléments clés à observer
Pour identifier la mérule sur une photo ou lors d’une inspection, voici les éléments à rechercher systématiquement :
- Mycélium blanc cotonneux : nappes de filaments blancs en surface du bois ou des murs, aspect de ouate ou de toile d’araignée épaisse.
- Cordons gris (rhizomorphes) : filaments épais et rigides, gris argenté, pouvant traverser la maçonnerie et cheminer sur plusieurs mètres.
- Carpophore en galette : corps fructifère plat, brun-rouille au centre avec un bord blanc, surface plissée et ridée, taille pouvant dépasser un mètre.
- Poussière de spores brun-rouge : dépôt fin et persistant couleur rouille sur les surfaces horizontales.
- Pourriture cubique du bois : bois brun foncé, craquelé en petits cubes réguliers, friable et cassant.
- Synnémas : petites colonnes blanches à grises dressées sur le mycélium (plus rares).
La présence de plusieurs de ces éléments simultanément est un indicateur très fiable d’une infestation par la mérule. Un seul de ces signes, isolé, peut correspondre à d’autres champignons lignivores ; c’est la combinaison qui permet le diagnostic.
Que faire si vous reconnaissez la mérule ?
Si les descriptions visuelles de cet article correspondent à ce que vous observez chez vous, il est impératif d’agir rapidement. La mérule est un champignon destructeur qui ne s’arrête pas seul : sans traitement, il continuera à dégrader le bois de votre habitation et peut compromettre la solidité structurelle du bâtiment.
Ne tentez pas de retirer le champignon vous-même, car une intervention mal conduite peut disperser les spores et aggraver l’infestation. Faites appel à un professionnel certifié qui réalisera un diagnostic précis et proposera un plan de traitement adapté à votre situation.