Odeur de mérule : reconnaître l'odeur caractéristique et agir vite (2025)

Une odeur de champignon persistante dans votre maison n’est jamais anodine. Parmi les causes possibles, l’une des plus redoutées est la présence de mérule (Serpula lacrymans), le champignon lignivore le plus destructeur des habitations françaises. L’odeur de mérule est souvent le tout premier signe perçu par les occupants, parfois des semaines ou des mois avant que les dégâts visuels ne deviennent apparents.

Savoir reconnaître cette odeur caractéristique peut vous faire gagner un temps précieux. En matière de mérule, chaque semaine compte : un diagnostic précoce permet un traitement localisé et maîtrisé, là où un retard de quelques mois peut entraîner des travaux de plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Comment décrire l’odeur de la mérule ?

L’odeur de la mérule est souvent comparée à celle d’un champignon de forêt, mais en plus prononcé et en plus persistant. Les personnes confrontées à cette odeur utilisent généralement les termes suivants pour la décrire :

  • Odeur terreuse : rappelant la terre humide après la pluie, l’humus d’un sous-bois
  • Odeur de champignon frais : similaire à l’odeur que l’on perçoit en marchant dans une forêt en automne, où les champignons poussent parmi les feuilles mortes
  • Odeur de cave : une senteur profonde, lourde et enveloppante, caractéristique des environnements souterrains humides
  • Note sucrée : dans certains cas, une composante légèrement sucrée ou douceâtre accompagne l’odeur terreuse, en particulier lorsque le champignon est en phase active de décomposition du bois
  • Note nauséabonde : à un stade avancé, l’odeur peut devenir franchement désagréable, avec une composante âcre ou rance

Ce qui distingue fondamentalement l’odeur de mérule, c’est sa densité. Il ne s’agit pas d’une vague senteur de moisi que l’on perçoit en entrant dans une pièce humide. C’est une odeur franche, reconnaissable, qui s’impose à vous dès que vous entrez dans la zone concernée. Plusieurs propriétaires décrivent une sensation d’air lourd et saturé, comme si l’atmosphère elle-même était imprégnée par le champignon.

L’odeur varie selon le stade d’infestation

L’intensité et les caractéristiques de l’odeur évoluent au fil du développement de la mérule :

Stade initial : l’odeur est subtile, presque imperceptible. Elle se manifeste surtout lorsque la pièce est restée fermée pendant quelques heures (le matin au réveil, après un week-end d’absence). On la confond souvent avec une simple odeur d’humidité.

Stade intermédiaire : l’odeur devient plus nette et plus constante. Elle ne disparaît plus complètement après aération. On la perçoit distinctement dans une zone précise de la maison. C’est le stade où la plupart des occupants commencent à s’interroger.

Stade avancé : l’odeur est forte, permanente et peut se propager à plusieurs pièces. Elle s’accompagne souvent de signes visuels : taches sur les murs, déformations des boiseries, apparition de filaments ou d’un carpophore. À ce stade, l’infestation est généralement bien établie.

Différence entre l’odeur de mérule et celle de moisissure

La confusion entre l’odeur de mérule et celle des moisissures classiques est l’une des erreurs les plus courantes. Pourtant, plusieurs critères permettent de les distinguer.

L’odeur de moisissure classique

Les moisissures courantes (Aspergillus, Penicillium, Cladosporium) dégagent une odeur de moisi léger, aigre et superficielle. C’est l’odeur typique d’un linge resté humide trop longtemps, d’un placard mal ventilé ou d’une salle de bain sans aération. Cette odeur est généralement :

  • Légère à modérée en intensité
  • Répartie de manière diffuse dans la pièce
  • Atténuée ou supprimée après une bonne aération
  • Stable dans le temps, sans aggravation marquée

L’odeur de mérule

L’odeur de mérule se distingue sur plusieurs points :

  • Intensité : plus prononcée, plus “charnue”, rappelant davantage un champignon frais qu’un simple moisi
  • Localisation : concentrée dans une zone précise plutôt que diffuse
  • Persistance : ne disparaît pas après aération, réapparaît dès que la pièce est refermée
  • Évolution : tend à s’intensifier au fil des semaines et des mois
  • Caractère : terreuse et profonde, là où la moisissure est aigre et superficielle

En résumé, si l’odeur que vous percevez évoque davantage une promenade en forêt qu’un placard humide, la piste de la mérule doit être envisagée sérieusement.

Autres sources d’odeur de champignon

Il est important de noter que d’autres champignons lignivores peuvent dégager une odeur similaire à celle de la mérule. Le coniophore des caves (Coniophora puteana), le polypore des caves (Donkioporia expansa) ou le lenzite des poutres peuvent produire des odeurs terreuses comparables. Seul un diagnostic professionnel permet de déterminer avec certitude l’espèce en cause.

Quand et où l’odeur de mérule apparaît-elle ?

Comprendre les circonstances dans lesquelles l’odeur se manifeste vous aidera à évaluer la probabilité d’une infestation.

Les conditions qui accentuent l’odeur

L’odeur de mérule est plus perceptible dans certaines conditions :

  • Après une période de fermeture : lorsqu’une pièce est restée close pendant plusieurs heures ou jours, l’odeur s’accumule et devient plus nette à la réouverture
  • Par temps chaud et humide : la chaleur et l’humidité favorisent l’activité métabolique du champignon et la libération de composés odorants
  • En période de chauffage : le chauffage des pièces adjacentes à une zone infestée peut faire circuler l’air chargé de spores et intensifier l’odeur
  • Après des pluies prolongées : l’augmentation du taux d’humidité relance l’activité du champignon et accentue l’odeur

Les zones de la maison les plus concernées

L’odeur de mérule se manifeste le plus souvent dans les zones où le champignon trouve ses conditions de développement idéales :

  • Les caves et sous-sols : humidité naturelle, obscurité et manque de ventilation en font les zones les plus vulnérables
  • Les rez-de-chaussée sur vide sanitaire : les planchers bois au-dessus d’un vide sanitaire humide sont des cibles privilégiées
  • Les combles non ventilés : charpentes en bois dans un environnement confiné
  • Derrière les doublages de murs : les espaces entre le mur extérieur et le doublage intérieur piègent l’humidité
  • Les placards et penderies contre les murs extérieurs : le manque de circulation d’air favorise la condensation
  • Les salles d’eau mal ventilées : baignoires, douches et canalisations sont des sources d’humidité chroniques

Comment localiser la source de l’odeur

Lorsque vous percevez une odeur suspecte, la localisation précise de sa source est une étape essentielle avant de faire intervenir un professionnel.

La méthode du nez

Aussi simple que cela puisse paraître, votre nez reste un outil de localisation efficace. Procédez méthodiquement :

  1. Fermez toutes les pièces de la maison pendant quelques heures
  2. Ouvrez chaque pièce une par une et évaluez l’intensité de l’odeur dans chacune
  3. Identifiez la pièce où l’odeur est la plus forte
  4. Dans cette pièce, approchez-vous des murs, des plinthes, du sol et du plafond en reniflant systématiquement
  5. Concentrez-vous sur les angles, les recoins, les zones derrière les meubles et les accès aux espaces cachés (trappe de visite, regard, grille de ventilation)

L’odeur est généralement la plus intense à proximité immédiate du foyer d’infestation. Si vous détectez un point chaud olfactif contre un mur ou un plancher, il y a de fortes chances que la mérule se développe de l’autre côté ou en dessous.

Les indices complémentaires à rechercher

Une fois la zone suspecte localisée grâce à l’odeur, recherchez les signes visuels qui confirmeraient la présence de mérule :

  • Des taches d’humidité sur les murs ou les plafonds
  • Des filaments blancs ou gris dans les fissures, les joints ou derrière les plinthes
  • Des déformations des boiseries (gondolement, gauchissement)
  • Une peinture qui cloque ou un papier peint qui se décolle
  • Un bois qui sonne creux lorsqu’on le tapote
  • Une poussière brun-rouille (spores) sur les surfaces horizontales

La combinaison d’une odeur de champignon et d’un ou plusieurs de ces signes visuels constitue un faisceau d’indices fort. Il est alors temps de faire appel à un professionnel.

Que faire si vous sentez une odeur de mérule ?

Les bons réflexes

  1. Ne paniquez pas : une odeur de champignon ne signifie pas automatiquement qu’il s’agit de mérule. D’autres causes sont possibles. Mais prenez la situation au sérieux.

  2. Améliorez la ventilation : ouvrez les fenêtres de la zone concernée pour renouveler l’air. Cela ne résoudra pas le problème si c’est de la mérule, mais cela contribuera à réduire l’humidité ambiante et à ralentir la progression du champignon.

  3. Recherchez la source d’humidité : l’odeur de mérule est toujours associée à un problème d’humidité. Recherchez les fuites (toiture, plomberie), les remontées capillaires, les infiltrations et les défauts de ventilation.

  4. Inspectez visuellement : munissez-vous d’une lampe torche et explorez les zones accessibles à proximité de la source de l’odeur. Vérifiez les caves, les vides sanitaires, l’arrière des meubles, les dessous de planchers accessibles par des trappes.

  5. Documentez vos observations : prenez des photos de tout élément suspect et notez depuis combien de temps vous percevez l’odeur, son évolution et sa localisation.

  6. Contactez un professionnel : si l’odeur persiste malgré l’aération et que vous n’en trouvez pas la cause, faites réaliser un diagnostic par un expert certifié.

Les erreurs à ne pas commettre

  • Ne masquez pas l’odeur : utiliser des désodorisants, de l’encens ou des bougies parfumées pour couvrir l’odeur est inutile et dangereux. Vous perdrez un indicateur précieux et l’infestation continuera de progresser dans l’ombre.

  • Ne bouchez pas les ventilations : certaines personnes, pensant que l’odeur vient de l’extérieur, obstruent les grilles de ventilation. C’est exactement l’inverse de ce qu’il faut faire : la mérule prospère dans les environnements confinés et mal ventilés.

  • Ne traitez pas vous-même : les sprays antifongiques du commerce sont inefficaces contre la mérule. Ils peuvent détruire les moisissures de surface mais n’atteindront jamais le mycélium en profondeur dans le bois ou derrière les murs.

  • N’attendez pas que l’odeur devienne insupportable : si vous percevez une odeur de champignon depuis plusieurs semaines, agir maintenant plutôt que dans six mois peut faire la différence entre un traitement à quelques milliers d’euros et des travaux à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

L’odeur de mérule après traitement

Une question fréquente concerne la persistance de l’odeur après le traitement de la mérule. Voici ce à quoi vous pouvez vous attendre.

Disparition progressive

Après un traitement professionnel réussi (élimination du champignon, traitement fongicide, suppression des sources d’humidité), l’odeur de mérule diminue progressivement. La disparition complète peut prendre plusieurs semaines à quelques mois, le temps que les composés odorants résiduels se dissipent et que le taux d’humidité ambiant redescende à un niveau normal.

Quand l’odeur revient

Si l’odeur de champignon réapparaît après un traitement, c’est un signal d’alerte majeur qui peut indiquer :

  • Un traitement incomplet : un foyer résiduel n’a pas été éliminé
  • Une nouvelle source d’humidité : le problème initial n’a pas été résolu ou une nouvelle fuite est apparue
  • Une recontamination : de nouvelles spores ont germé dans un environnement resté propice

Dans tous les cas, contactez immédiatement le professionnel qui a réalisé le traitement. Un suivi post-traitement est essentiel pour s’assurer de l’éradication complète du champignon.

L’odeur comme outil de surveillance

Même en l’absence de mérule avérée, la vigilance olfactive devrait faire partie de vos réflexes d’entretien de votre habitation, en particulier si vous vivez dans une zone à risque ou si votre maison présente des facteurs de vulnérabilité (construction ancienne, murs en pierre, mauvaise ventilation, antécédents d’humidité).

Prenez l’habitude de sentir régulièrement les zones à risque : cave, vide sanitaire, combles, arrière des placards contre les murs extérieurs. Si vous percevez un changement dans l’odeur ambiante de ces espaces, une évolution vers une senteur terreuse et champignonneuse, c’est le moment de faire réaliser une inspection.

La mérule est un adversaire silencieux, mais elle n’est pas totalement invisible. Son odeur est le signal d’alarme qu’elle envoie malgré elle. Apprenez à l’écouter.

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